Pourquoi le FN s’en prend aux syndicats et notamment à la CGT ?

Le FN avait tenté en 1996, au lendemain des grèves de 1995… de créer des syndicats à sa dévotion dans certaines grandes entreprises Françaises. A l’initiative de la Cgt son entreprise avait échoué. Il n’a évidemment pas renoncé. De tous temps l’extrême droite a cherché à implanter des relais de sa politique dans le mouvement syndical, des syndicats de collaboration avec le patronat.

En plein conflit sur les retraites voilà ce que déclarait Marine Le Pen : « Le Front National dénonce avec force les syndicats actuels, mais il n’est pas opposé à l’existence d’organisations syndicales pour défendre les intérêts des travailleurs. Bien au contraire, il souhaite l’émergence de vrais syndicats puissants, libres, vraiment représentatifs, et dont l’objectif serait l’intérêt national et celui des travailleurs français. Il faut pour cela décadenasser le paysage syndical français, aujourd’hui sclérosé par une réglementation dépassée. Je souhaite ouvrir le débat sur ce sujet de première importance. »

C’est clair : le FN met en cause les syndicats existants et représentatifs pour légitimer son ambition de s’implanter dans les entreprises. Il vient d’annoncer la création d’un Cercle national de défense des travailleurs syndiqués…

Cela est d’autant plus important pour lui que c’est parmi les sympathisants des syndicats que ses idées ont le plus de mal à passer, comme en témoigne un sondage « sortie des urnes » en fonction de la sympathie syndicale des électeurs fait ressortir que seuls 6% de ceux se déclarant proches de la CGT ont voté FN, ce qui est bien entendu trop mais est largement inférieur à la moyenne globale du score FN aux cantonales ainsi qu’au vote Le Pen des sympathisants CGT à la présidentielle de 2007 qui s’élevait à 12%.
Même s’il s’agit d’un parti politique, la bataille nécessaire de la CGT contre le FN et ses thèses est bien de nature syndicale. Et ce combat syndical est nécessaire du fait que ce parti investit le terrain social avec l’objectif de diviser les salariés, ce qui ne peut que conduire à l’affaiblissement du rapport de force face au patronat.

Ce combat est aussi nécessaire en raison de la volonté du FN d’instrumentaliser le syndicalisme pour progresser dans son entreprise de conquête de l’électorat populaire. De ce point de vue, la CGT constitue pour lui un enjeu particulier. La CGT est le premier syndicat de ce pays, le plus influent, le plus combatif, le plus écouté des salariés. Le FN cherche donc à nous instrumentaliser. Dans le même temps, de par sa position de première organisation syndicale, et compte tenu des valeurs qu’elle défend, la CGT est aussi un obstacle pour le FN dans sa stratégie d’investissement du monde du travail.

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