Fiche Revendicative 5 : Emploi et Formation Professionnelle

La volonté de former à l’école plutôt que sur le poste de travail, date de l’après deuxième guerre mondiale et des progrès sociaux et économiques du programme du Conseil National de la Résistance. Les employeurs se sont évertués depuis, à remplacer la notion de formation ou d’éducation par celle d’employabilité. De même, le « droit au travail et au repos », contenu dans le programme du CNR, n’a jamais été appliqué pour être substitué par « l’emploi » et le « marché du travail ».

Alors que c’est le travail qui crée la valeur, et non l’emploi (et encore moins l’entreprise), les « employeurs » veulent nous faire oublier que « l’emploi » n’est que le carcan capitaliste de réalisation du travail.

ETAT DES LIEUX

C’est l’employeur seul qui façonne les emplois, en quantité et en qualité, selon ses propres objectifs de rentabilité et de compétitivité. Le maintien d’une véritable « armée de réserve » de chômeurs et de précaires permet aux patrons de peser sur les conditions de travail et les salaires de ceux qui ont « la chance » d’avoir un emploi. Le chômage de masse n’est pas le résultat d’un dysfonctionnement du système économique, qui peinerait à créer des emplois, c’est l’un des piliers qui permet la maximisation du profit au détriment du salaire.

C’est aussi au nom de l’emploi qu’on justifie les milliards d’exonérations de cotisations sociales, les « aides à l’emploi », le crédit impôt compétitivité emploi (CICE), le pacte de responsabilité, les salaires inférieurs au SMIC, etc. Autant d’attaques contre notre salaire socialisé et par là, contre le financement de notre protection sociale.

De même, selon les patrons, la formation devrait être limitée à ce qui est strictement utile à l’emploi, renvoyant les savoirs généraux au monde de l’inutile et donc, du chômage. Les conséquences de cette doctrine sont multiples, justifiant l’apprentissage dès 14 ans, la formation professionnelle hors temps de travail, ou la négation des diplômes de l’Education nationale et leur remplacement par des certifications de qualification professionnelle (CQP) contrôlées par les employeurs. Avec une formation professionnelle inféodée à la notion d’employabilité, les salariés sont suspectés de s’écarter, en permanence, de leur capacité à tenir leur emploi, dont le contour fluctue au gré du marché. La FNIC récuse toute notion « d’employabilité », idée patronale selon laquelle le salarié serait en permanence en décalage avec ce qu’on attend de lui, et qui réduit la formation à ce qui est utile pour l’entreprise et ses objectifs de rentabilité.

Cette situation a créé d’énormes déficits et d’inégalités en matière de formation : l’illettrisme progresse, la formation des jeunes cache leur précarisation généralisée, la formation professionnelle concerne surtout les grandes entreprises et celles et ceux qui sont déjà les plus formés (typiquement : les cadres des grands groupes). Enfin la formation offre peu de perspective de promotion sociale, car elle s’accompagne rarement de reconnaissance par le salaire. Soumise à l’unique objectif d’accroître la productivité, elle est souvent vécue comme une contrainte, mais pas comme un outil d’épanouissement.

NOS OBJECTIFS

Pour la CGT, la formation professionnelle s’inscrit dans une ambition générale d’émancipation de l’être humain : être un adulte libre et responsable, s’insé rer durablement dans la vie sociale et professionnelle en tant que citoyen, avec un horizon culturel ouvert.

De même, c’est la question du travail, et non celle de « l’emploi » qui doit red-venir centrale. A quoi bon courir après l’emploi si celui-ci est précaire, pénible, mal payé, dévalorisé ?

NOS REVENDICATIONS

En matière d’emploi, la FNIC-CGT se prononce pour une société de plein-emploi, où chacun puisse ré-pondre à ses besoins, donc sans chômage, ni précarité. Le patronat a mis en place une armée de ré serve de chômeurs pour peser sur les conditions d’emploi : salaires, conditions de travail, temps de travail, etc.. Les gouvernements successifs ont démantelé les protections légales contre le licenciement. La FNIC-CGT se prononce pour l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui créent des richesses et une autre politique industrielle.

C’est le travail qui doit être valorisé, et non l’emploi, avec au cœur la qualification individuelle du salarié, dans laquelle s’inscrit très largement la formation professionnelle.

Les privés d’emploi sont des salariés, l’allocation (même insuffisante) qu’ils perçoivent étant issue des cotisations, et donc une part du salaire.

Les différents aspects de la formation concourent à former la personne, le citoyen, le travailleur.

Nous revendiquons la mise en œuvre d’une éducation permanente, d’une formation tout au long de la vie. Celle-ci doit être à hauteur d’au minimum 10 % du temps de travail. La formation a pour effet d’accroître les connaissances, savoirs et savoir-faire du salarié, c’est-à-dire sa qualification. Cette élévation de qualification doit être reconnue par la classification (coefficient) et le salaire.

Il nous faut redonner une dimension collective à la formation et revendiquer une formation promotionnelle et pas seulement professionnelle. Pour rendre cette évolution objective, une évolution minimale de classification et de salaire doit être garantie à chaque travailleur. Cela passe par le maintien à niveau des diplômes et certifications. Il doit être inscrit dans le Code du travail l’obligation des entreprises à maintenir, entretenir, le niveau de qualification et certification de tous les salariés. Cela ne saurait être sans la création d’un véritable service public de la formation initiale, continue et d’orientation professionnelle.

En conclusion, toute formation, initiale ou continue doit permettre :

  • D’évoluer professionnellement, D’accéder à l’emploi,
  • D’être reclassé,
  • De donner lieu à un positionnement dans une grille qui permette de se situer en termes de classifica- tions, donc, de trouver une correspondance à un salaire minimum.

Il en va de même pour les certifications qui de plus doivent :

  • Trouver une équivalence aux diplômes de l’Education nationale,
  • Ne jamais venir en opposition aux diplômes de l’Education nationale.
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