fiche Revendicative 7 : PROTECTION SOCIALE : LA SANTE

Au même titre que les retraites, le risque santé est un enjeu de société. A la notion de couverture individuelle des risques dans le système capitaliste s’oppose la conception de notre système de protection sociale, collective, solidaire, intergénérationnelle.

Le système de protection sociale est basé sur la création des richesses. Il a été mis en place en 1945 par Amboise Croizat, ministre communiste, en ligne avec le programme du Conseil National de la Résistance. Ce principe n’a JAMAIS été accepté par le Patronat, qui, depuis cette date ne cesse de porter des attaques contre la Sécurité sociale, notre SECU. Il est aidé en cela par les politiques de droite, d’extrême droite et du Parti Socialiste qui, année après année, fragilise le système pour mieux le montrer du doigt.

Apres avoir éclaté la caisse initiale en trois branches, puis en quatre pour mieux les fragiliser ; après avoir réussi à stopper la progression de sa participation financière au système, alors que dans le même temps celle des salariés était multipliée par trois pour des prestations toujours en baisse, le Patronat lorgne sur ce formidable butin de 450 milliards d’euros. Il cherche à récupérer cette manne pour son plus grand profit. Les assurances et les réseaux de mutuelle sont aux aguets et s’immiscent un peu plus chaque jour dans le système global de protection sociale.

ETAT DES LIEUX

Le poids du chômage pèse considérablement sur les ressources de la Sécurité sociale. Le Patronat en a la responsabilité. Il fait payer la note trois fois aux salariés : par le chômage, par l’augmentation des cotisations et par la baisse de la qualité des prestations et les coûts pour le patient de plus en plus élevés.

Les gouvernements successifs de droite et du PS (Michel Rocard) ont inventé la CSG, un impôt qui en augmentant au fil des années, dépouille la Sécurité sociale de son caractère autonome et autogéré et n’as jamais été remis en cause par les gouvernements successifs de droite, comme du PS.

Soumise à une propagande de dénigrement systématique, la couverture santé en France s’est fortement dégradée ces dernières années. Le patient qu’il soit salarié, privé d’emploi ou retraité paie de plus en plus pour des prestations toujours plus faibles. L’accès au soin de qualité, pour un coût raisonnable, diminue fortement et des millions de français font l’impasse sur des soins de base pourtant indispensables.

La paupérisation grandit dans notre pays et des maladies disparues, depuis des années, réapparaissent. La médecine privée est privilégiée avec des augmentations d’honoraires scandaleuses au détriment du secteur public de la santé qui se détériore.

Le secteur du médicament est livré aux appétits insatiables capitalistes et nombre de médicaments qui pourraient se développer, ne le sont pas, car jugés insuffisamment rentables. La mainmise du système capitaliste sur le système de protection sociale en France est importante, mais il lui reste du chemin à faire avant de la dépecer complètement. Il faut donc stopper la spirale infernale par la mobilisation de ceux qui en sont les principaux bénéficiaires : les salariés actifs et retraités.

Enfin les situations de perte d’autonomie, en particulier liées à l’âge, ont augmenté du fait de l’augmentation de l’espérance de vie, obtenue grâce au progrès médical et social.

Ces situations constituent un risque au sens de la Sécurité sociale, qui doit être couvert par une nouvelle ponction sur la richesse créée.

NOS OBJECTIFS

Etre couvert à 100 % en cas de maladie ou d’incapacité, voir correctement, entendre normalement, avoir une dentition normale, voilà ce à quoi aspire les salariés. C’est une demande légitime, naturelle qui doit aboutir.

C’est pour cela que la défense de notre système de protection sociale doit recueillir, de la part de notre fédération et de ses syndicats, une attention toute particulière et un effort revendicatif soutenu. En effet, la protection sociale est comme les salaires, le temps de travail, les conditions de travail, la bataille pour l’emploi, les retraites, un enjeu dans la bataille que les salariés doivent livrer au Capitalisme. Elle est tout aussi prioritaire que les autres axes revendicatifs, car ces derniers sont tous liés par le même paradigme : comment récupérer de la valeur ajoutée au Capital pour la satisfaction des besoins des salariés et de la population toute entière ?

La FNIC CGT réaffirme que le financement de la protection sociale doit être totalement assuré par le salaire socialisé, qui est une ponction sur la richesse créée par le seul travail. Il s’agit bien d’une revendication de diminution du profit, jusqu’à sa disparition à terme. La santé pour tous, accessible et de qualité, est un préalable en ligne avec les valeurs d’égalité, de solidarité et de fraternité dont la FNIC et ses syndicats sont porteurs, tout comme toute la CGT.

NOS REVENDICATIONS

Pour la FNIC-CGT et ses syndicats :

  • le financement de la protection sociale par l’impôt (CSG, TVA, exonération, modulation) ou la baisse du financement par les exonérations ou modulations de cotisations, doivent cesser et être remplacés par une augmentation des cotisations sociales. Les ressources de la protection sociale doivent augmenter de façon significative, non seulement pour couvrir correctement les risques sociaux prévus par la Sécurité sociale, mais pour élargir la couverture à des risques non couverts aujourd’hui, comme la perte d’autonomie.
  • la FNIC et ses syndicats revendiquent une gouvernance de la protection sociale, ni par l’Etat ni par le paritarisme, mais par les assurés sociaux eux-mêmes (retour à des élections par et pour les assurés sociaux).
  • la FNIC et ses syndicats revendiquent l’intégration, à terme, de la totalité du risque santé, y compris « complémentaire » (mutuelles, etc.), dans la Sécurité sociale. Il faut réorganiser une offre de soins de proximité, publique, et régler définitivement la question des dépassements d’honoraires des médecins libéraux par la mise en place d’un seul secteur conventionné et mettre fin au paiement à l’acte.
  • La FNIC revendique la mise sous contrôle exclusivement public des secteurs de la santé et de l’action sociale (pôle de santé public). Cela vaut pour l’hôpital, les centres de santé, les structures associatives, la médecine du travail, etc…
  • la FNIC et ses syndicats affirment, avec fermeté, qu’il faut nationaliser les industries de santé (l’industrie pharmaceutique, laboratoires, répartition pharmaceutique, prestations de services médicotechniques, officines de pharmacie) : les médicaments ne sont pas un bien marchand. Ils conditionnent la santé et la vie de milliards d’êtres humains.
  • en matière d’handicap/invalidité la règle générale doit être l’adaptation du poste de travail aux salariés et non le contraire, ainsi que le principe de non-discrimination. Par définition, aucun poste de travail ne doit être fermé aux personnes atteintes d’un handicap. Le taux d’emploi de 6 % doit être respecté. La formation professionnelle qualifiante doit être un axe fort pour l’insertion, le maintien dans l’emploi, l’évolution de carrière.
  • la prise en charge des personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie, dans les cas où cela est nécessaire, doit relever de la Sécurité sociale (Assurance maladie ou ATMP, selon les cas).
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