Fiche Revendicative 8 – La retraite : Un enjeux social et sociétal

Imposé en 1945 au patronat, le financement de la retraite est basé sur le salaire, rémunération des seuls producteurs de richesses : les salariés. C’est bien pour cela que notre système de retraite n’a eu de cesse d’être attaqué par le patronat et le grand Capital, dans un esprit de revanche, mais surtout parce que les retraites représentent un marché potentiel gigantesque qui aiguise les appétits des capitalistes et autre spéculateurs.

Aidé par tous les pouvoirs politiques depuis 60 ans, le patronat avance dans ses objectifs : se défaire au maximum de sa participation financière au système de retraite et récupérer cette manne en mettant en place des systèmes non basés sur la répartition des richesses et en lien avec les marchés financiers.

Les grandes luttes de 1995 et de 2010, n’ont pas permis de repousser ces attaques.

Aujourd’hui, comme hier, la Fédération Nationale des Industries Chimiques et ses syndicats s’engagent à œuvrer pour préparer la nécessaire mobilisation des salariés, afin de conquérir la retraite que les salariés veulent : digne, permettant un épanouissement après une vie de travail, sécurisante et sécurisée..

ETAT DES LIEUX

6,5 millions de privés d’emploi ou de précaires extrêmes, 220 milliards d’euros de pseudo aides à l’emploi, notamment par le biais d’exonérations de cotisations, n’ont aujourd’hui apporté aucun résultat probant. Les salaires en baisse constante depuis 2008, la fiscalité en hausse mais de façon inégalitaire sont des éléments très défavorables à notre système de retraite car ils lui coupent d’importantes sources de revenus.

Cette situation volontairement mise en place a fait que les réformes portées par la droite et le Parti Socialiste ne se sont jamais attaquées à la racine du mal, sauf à doubler les cotisations salariales pour la protection sociale alors que dans le même temps celle des employeurs restaient identiques, sauf à repousser toujours un peu plus l’âge de départ à la retraite et les conditions pour avoir accès à une retraite digne.

Ces partis n’ont eu de cesse de montrer du doigt les salariés, de stigmatiser ces derniers, les chômeurs, les étudiants, les jeunes, les vieux, responsables selon eux de la situation alors que ce sont eux les vrais responsables, les fossoyeurs de notre système de retraite par répartition.

Chômage de masse, misère, retraites en constant recul, salaires en berne ont été les seules réponses apportées par le gouvernement et le patronat pour, officiellement, « baisser le coût du travail », alors qu’en vérité c’était pour augmenter les profits.

Réforme après réforme, ils ont repoussé l’âge de départ à la retraite alors que la catégorie ouvriers a une espérance de vie en bonne santé de 59 ans, soit trois ans avant l’âge de passage en retraite et qu’elle est de 10 ans inférieure à celle des cadres. Les ouvriers ne peuvent donc ne pas avoir accès à une retraite digne et humaine.

Concept à mettre en avant pour commencer a faire réfléchir les gens pour aller chercher de nouveau droit.

NOS OBJECTIFS

Toutes les organisations syndicales françaises, hormis la CGT portent une lourde responsabilité dans l’accompagnement de ces réformes rétro grades et elles ont toutes, à des degrés divers, participé au démantèlement de notre système de retraite. Il nous faut donc le reconquérir par la lutte avec les salariés.

Le système de retraite reflète un modèle de société. Nous le voulons solidaire, humain, sans injustice, intégrant tous les salariés vivant et travaillant dans notre pays. Cette vision s’oppose, avec violence, à celle des tenants du système capitaliste. Car ces derniers la veulent à minima, et surtout qu’elle n’écorne pas leurs profits. Leur objectif est un système à deux vitesses : d’une part, une retraite minimaliste, faisant partie des minima sociaux financés par les contribuables (tel est le cas des retraites par comptes notionnels), d’autre part, une retraite complémentaire facultative, basée sur la capitalisation (PERCO, assurances) financée par l’épargne des salariés.

L’enjeu des retraites est donc identique à celui de la protection sociale en général et des salaires à savoir : la répartition des richesses qui est la clé pour les salariés et leur bien être avec, en ligne de mire, l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme.

C’est la bataille des idées qu’il nous faut continuer, intensifier, élargir pour aboutir à une plus grande mobilisation des salariés.

NOS REVENDICATIONS

La FNIC CGT et ses syndicats revendiquent :

  • La revalorisation immédiate des pensions de 10 % pour apurer les pertes de ces dernières années, leur indexation sur les salaires et non sur les prix, avec une pension minimum égale au SMIC revendiqué.
  • La mise en place d’un cadre de référence englobant régime général et retraites complémentaires en vue de l’intégration à terme, des retraites complémentaires dans la Sécurité sociale.
  • La garantie pour chaque salarié d’une retraite à taux plein à 60 ans.
  • L’obtention de la retraite à taux plein après 37,5 ans de cotisations, incluant les années d’études et périodes d’inactivités forcées, pour un montant global garanti de 75 % brut/brut.
    Cela suppose un retour à 150 trimestres de validation et au 10 meilleures années.
  • La retraite à 55 ans pour les travaux pénibles avec une anticipation d’un trimestre par année de travail pénible.

Ces revendications peuvent être obtenues par :

  • L’arrêt des exonérations des cotisations sociales.
  • L’augmentation des salaires (grille fédérale) des femmes et des hommes.
  • L’interdiction des licenciements et des embauches massives par la mise en place des 32 heures.
  • L’augmentation sans modulation des cotisations patronales de retraites, gelées depuis 20 ans.
  • Le remplacement de la CSG par une cotisation sociale et baser le financement de la retraite exclusivement sur la cotisation.
  • Le déplafonnement des cotisations.
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